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Love me tender

Deux garçons, une fille, trois possibilités ? Pfff, petits joueurs !!! Naaaan ! Deux garçons, un travesti et des tas de possibilités !!!

Mannequin sans le sou, squatteur né, mais plongé dans une mauvaise passe du genre « Et si je dormais sous les ponts, c'est grand et c'est calme », Sae voit enfin la chance tourner, quand une belle jeune femme l'accoste et lui propose de cohabiter avec elle. Elle qui s'avère être il. Naoyuki, ou Nao, est un charmant jeune homme travesti et le courant passe plutôt bien entre les deux hommes... Jusqu'au moment où Nao découvre que l'ami et collègue de Sae qui pourrait les rejoindre dans l'appartement n'est autre que Kazuki, son ami d'enfance. Or Sae avait coupé les ponts avec lui .

Publié dans le magazine yaoi Rutile de l'éditeur Gentôsha, Love me tender a de quoi surprendre. KIKI, l'auteure, a opté pour une histoire qui s'éloigne des codes établis de ce genre très apprécié du public féminin.
D'habitude, le couple phare est très vite identifiable; et ce, même dans un ménage à trois, où le 3ème personnage est un élément perturbateur ou bien catalyseur et révélateur des sentiments amoureux des deux autres. Et les personnages, même si hétéros au départ, finissent par se jeter l'un sur l'autre.
Mais KIKI refuse visiblement de se focaliser sur des relations exclusivement homosexuelles masculines. Etant moi-même une fan de yaoi, je dois néanmoins avouer qu'elle a su créer une comédie romantique mature et enjouée en apportant une originalité des plus bienvenues, avec un graphisme soigné.
Ici bienchanceux le lecteur qui saura qui finira avec qui. Les relations amicales et potentiellement amoureuses s'entremêlent au quotidien et on s'amuse de l'humour piquant des remarques et des situations inattendues.

Sae, clairement bisexuel (« l'un et/ou l'autre ne me pose aucun problème »), est celui qui cumule le plus de relations consommées ou potentielles : il est fortement intéressé par le cas Nao, qu'il soit un homme ou une femme ; sa relation avec Kazuki est objet de rumeurs dont ni l'un ni l'autre ne se préoccupe plus que ça ; il fut l'amant du patron du café et de sa femme ; il est objet des attentions de leur fille.
Concernant Naoyuki, difficile de parler de véritable confusion de genres. Est-il un simple garçon hétéro qui se sent plus à l'aise habillé en femme ? Ou bien une femme dans un corps d'homme ? Or Nao lui-même fait remarquer à tous qu'il est un homme et qu'il n'est pas gay . Malgré tout, il flirte avec Sae mais a un faible pour une jeune fille.
Il semblerait que dans la VO, Nao parle aussi bien de lui au masculin qu'au féminin. Pour un simple souci de confort, l'adaptateur français a opté pour le masculin, même s'il aurait été intéressant de savoir quelles circonstances amènent Nao à utiliser un langage féminin.

Pressentant en ce titre (3 volumes actuellement) le potentiel pour intéresser un lectorat dépassant largement le cercle des yaoi-fans, l'éditeur Taifu a jugé plus pertinent d'en faire le titre phare de leur nouvelle collection jôsei. Ce qui au final s'avère une riche idée, d'autant plus que le travail de l'éditeur est réussi.
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