
ÔTOMO Kyôichi, marié et volage, se retrouve un jour victime d'un chantage de la
part d'un détective engagé par sa femme pour établir ses éventuelles
infidélités. Le détective, IMAGASE Wataru, ancien camarade de fac de Kyôichi, ne
veut qu'une chose en échange de son silence : lui ! Ce ne seront que des baisers
plus ou moins poussés et Kyôichi est loin de mettre toute son ardeur à repousser
le jeune homme. Le chantage tourne bien vite court puisque l'épouse de Kyôichi
le quitte pour un autre homme, sans qu'IMAGASE lui ait fourni la moindre preuve
des incartades de son mari. Peu traumatisé par son divorce, Kyôichi jouira-t-il
longtemps des joies et des inconvénients du célibat ? Que nenni ! IMAGASE,
amoureux de lui depuis 10 ans, vient squatter son appartement. De prime abord
froid et cynique, IMAGASE nourrit une seule obsession : que Kyôichi veuille de
lui...définitivement .
Officieusement en ménage, les 2 hommes vont aller de
crises de jalousie en ruptures, de déni en déclarations...
Voici donc
le jeu du chat et de la souris de MIZUSHIRO Setona, auteure phare
des éditions Asuka...
L'histoire en elle-même tient à pas grand-chose :
c'est un classique tu me suis je te fuis, tu me fuis je te suis...ou pas
!
L'intérêt certains y verront le défaut est qu'il ne s'agit pas d'un
amour passionnel et partagé dès le départ. Cela tient au caractère du personnage
Kyôichi.
En un mot, ce type est un mou !! Eternel indécis, se laissant faire
pour tout, ne prenant l'initiative de rien, Kyôichi manie l'art d'user de ses
faiblesses pour excuser ses écarts de conduite et reporter la responsabilité sur
autrui. Ce comportement détestable lui aura coûté toutes ses relations
amoureuses, n'ayant rien fait pour retenir sa femme ou son ex-copine Natsuki.
Son indécison flirte avec une certaine hypocrisie, ce qui rend les scènes de
sexe très froides au début de l'histoire : Kyôichi accepte les avances
d'IMAGASE, se laisse faire parce qu'il y trouve finalement du plaisir, mais
n'offre rien en retour. Seuls le défi et la jalousie de voir IMAGASE avec son
ancien petit-ami, pousse Kyôichi à franchir un cap sans en être une seule
seconde dégoûté. Et pourtant il continue de nier ce qu'il y a entre eux.
Le
retour de Natsuki mettra Kyôichi face à ses contradictions. Quand il choisit de
rester dans une image de couple conventionnel, il n'en est pas heureux pour
autant et retombe aussitôt dans cette léthargie agaçante. Seul un coup de pouce
du destin (qui a dit un coup de pied au cul ?) lui donnera le courage de vivre
pleinement son amour.
A mesure que Kyôichi s'attache au détective, le récit
gagne donc en émotion jusqu'au dénouement plus passionné.
Un one shot
qui ravira les fans de
yaoi...ou presque !
Une mise au point s'impose
: contrairement à ce qui est écrit sur la 2ème de couverture,
Le jeu du
chat et de la souris, publié chez Judy Comics, n'est pas le 1er
yaoi de MIZUSHIRO Setona (elle en a écrit 7 autres précédemment avec plus
ou moins d'intérêt), mais son 1er
ladies comics. Le traitement des
relations homosexuelles masculines ne répondra pas donc aux codes spécifiques du
genre
yaoi. Les scènes de sexe explicites et dépourvues de censure un
pénis est un pénis, il n'y a ni floutage ni carré, vous êtes prévenu(e)s -
seront donc là pour servir l'histoire et non pour exciter la lectrice.
Au
regard de ce qu'on lui avait demandé, à savoir une relation homo violente et
érotique, il faut bien reconnaître que la demoiselle nous a un peu fait du hors
sujet.
Au-delà de ce débat
yaoi pas
yaoi qui n'intéressera
que les puristes que nous sommes, l'autre "problématique" se pose selon moi sur
le nom de la collection, « Coming Out » qu'Asuka inaugure avec ce one shot,
sachant que le public ciblé est féminin et non les gays... De plus une simple
interdiction aux moins de 16 ans - plutôt que 18 ans - aurait été plus
pertinente vu que le one shot est exempt de toute violence sexuelle.
Quant au travail d'adaptation d'Asuka, le résumé en 4ème de couv' est
incrusté sur un horrible rectangle noir qui couvre le dessin. De plus, le
moirage et l'assombrissement des planches gâchent résolument le graphisme soigné
de la mangaka. Que dire sinon : copie à revoir !!